L’interview:

Par un beau matin, alors que nous étions affairés à notre activité, nous avons eu le plaisir de recevoir dans notre atelier le célèbre journaliste Jean Bambois du prestigieux magazine « Hêtre houx nœud bois hêtre » qui souhaitait en savoir un peu plus sur nous et notre passion. Appareil photo en main, voici son interview :

Sandra ??? Ah vous voilà ! Du  haut de vos 1m52 je ne vous avais pas vu derrière les machines ! Une question importante que nos lecteurs vont sûrement se poser : dormez-vous sans draps ni couvertures ?
Dans mon Berry natal, les draps et plusieurs couvertures sont indispensables pour ne pas avoir froid surtout en temps d’agat d’iau ! Attachée à ma région campagnarde de naissance, je vis dans le midi depuis ma plus tendre enfance et j’avoue avoir pris goût au soleil et à la mer !
Je suis née un mois de mai 1979 et pour information, mes 1m52 ne m’empêchent pas de m’attaquer à des projets de taille !
J’aime la recherche d’idées et le travail en collaboration que ce soit avec mon associé, les clients, les partenaires…
Minutieuse et avec le goût de bien faire, je travaille avec passion sur des projets qui nécessitent réflexion, anticipation, organisation.
François, l’été venu, beaucoup de provençaux se retrouvent confrontés à ce choix cornélien : Ricard ou 51 ?
Aucun des deux ! Je préfère un bon café serré plutôt qu’un « pastaga ».
Je suis né en Provence, un mois d’août 1978, dans cette belle région qui sent bon la farigoule et le romarin, décrite avec tant de poésie par M. Marcel Pagnol.
D’un caractère méditerranéen affirmé, j’attache beaucoup d’importance au respect de la faune et la flore, c’est pourquoi mes sculptures sont plutôt orientées Art Nouveau, courant artistique que j’affectionne particulièrement. Je suis plutôt ordonné et je veille à ce que mon établi soit propre, mes outils bien rangés et surtout que mes gouges soient toujours bien affûtées, condition sine qua non à l’obtention d’une sculpture de qualité. La liste de mes défauts étant bien trop longue pour être énumérée ici, je terminerai cette présentation succincte par ces quelques vers de ma composition :

Copeau par copeau en respectant le sens du fil,
le bois se laisse dépouiller de façon docile,
des renflements dus à sa matière en excès,
par un geste sûr et des gouges affûtées.

Gare au sculpteur qui en ferait fi,
du seul craquement par le bois émit,
quand la gouge à contre fil s’enfonce,
c’est qu’un éclat de matière s’annonce.

 

Est-ce par superstition que vous avez choisi de toucher du bois ?
C’est plutôt par passion et s’il est vrai que de toucher du bois attire la chance et porte bonheur, alors nous sommes comblés !
Le bois est noble, vivant, chaleureux, agréable au toucher, aux couleurs et senteurs variées, entièrement biodégradable, renouvelable lorsqu’il est géré durablement. Il trouve facilement sa place à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de nos habitations en tant que structure ou mobilier. Sans restriction ni préjugé, le bois accepte facilement le mariage en symbiose parfaite avec d’autres matériaux tels le fer, la pierre ou le verre.
Cependant, le bois a aussi son « caractère » et ses spécificités : il peut être tendre, dur, cassant, tortueux, capricieux, tannique, plus ou moins résistant à l’humidité, aux champignons et aux insectes xylophages. Il faut tenir compte de sa résistance mécanique et aussi du fait que le bois « travail »…week-ends et jours fériés compris !
C’est pour ces raisons et bien d’autres encore que nous avons souhaité nous former et en apprendre d’avantage sur le travail du bois.
Si cela ne vous gêne pas, j’aimerais que vous me racontiez la façon dont vous avez conçu votre « bébé » ?
C’est plutôt intime mais « là où il n’y a pas de chêne, il n’y a pas de plaisir ». Or, nous travaillons aussi le chêne, c’est donc avec plaisir et sans gêne que nous allons vous raconter la naissance de L’atelier à 2 Mibois ».

Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, nous avons suivi une formation qualifiante et diplômante de niveau IV, inscrite au R.N.C.P en ébénisterie (Sandra) et en sculpture-dorure sur bois (François) à l’Ecole Supérieure d’Ebénisterie d’Avignon (E.S.E.A).
Depuis nous avons créé la S.A.R.L « L’atelier A2 Mibois » et complétons nos compétences par :
– la réalisation de projets personnalisés dans notre atelier,
– des formations dispensées au sein de la chambre des métiers et de l’artisanat où nous avons obtenu le label « artisan d’art »,
– de la documentation technique et des revues spécialisées (construction, mode, tendance, environnement, nouveaux matériaux,…).
– des échanges d’expériences avec d’autres professionnels.

Pour nous, le mot « atelier » évoque le travail manuel et un endroit convivial où l’on peut y rencontrer l’artisan. Cet atelier, nous l’avons entièrement aménagé à deux et nous sommes plutôt fiers du résultat car ce ne fut pas une mince affaire !
Dans les métiers du bois, un assemblage à demi bois (ou mi-bois) est une technique qui permet d’unir solidement deux pièces de bois entre elles. Solide et unis sont deux adjectifs représentatifs du couple que nous sommes dans la vie de tous les jours : de l’union d’une ébéniste et d’un sculpteur est né « L’atelier à 2 Mibois ».
La romance c’est bien beau mais pour faire du bon travail, il faut de bons outils ! Et ça tombe bien puisque notre atelier est équipé de machines professionnelles : un système d’aspiration des copeaux, une dégauchisseuse, une raboteuse, des scies (à ruban, radiale et sur table), une mortaiseuse, une toupie-tenonneuse, une ponceuse longue bande, une perceuse à colonne…et une cafetière !

Merci Sandra et François pour cette présentation décalée, la visite de votre atelier… et pour ce bon café.
Merci à vous et n’hésitez pas à nous contacter, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons à L’atelier à 2 Mibois.
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